A propos

Sarah Bois, créatrice

 Aussi loin que je regarde, le papier a toujours été un médium de prédilection me permettant de m’exprimer. Petite fille de couturière, fille d’artiste plasticienne, j’ai baigné dans mon enfance dans les loisirs créatifs et les activités artistiques (musique, danse, théâtre). Mais trois pratiques avaient ma préférence : le pli, le dessin, et la musique, que j'ai pu exercer de manière conjointe à plusieurs reprises durant ma scolarité : concours d'art portés, spectacles...

Après cela, il a fallu plusieurs années et un détour par le monde de la musique classique avant de revenir à l’art du pli. Diplômes de musicienne d’orchestre et de management culturel en poche, l’envie de mettre en forme la matière a refait surface, de façon insistante. Mais avec l’expérience de la scène et de l’interprétation d’œuvres du passé en plus. Après des années à donner une réinterprétation des classiques sur un plan purement auditif, je souhaitais m’exprimer de nouveau dans une dimension visuelle.

Comme en musique, nous ne pouvons simplement reproduire les créations du passé comme cela été fait dans le temps. Car le regard que l’on porte sur les choses est toujours empreint de notre culture, de notre expérience. Pour créer, à partir d’œuvres du passé, il faut nécessairement apposer son regard, un regard contemporain.

J’aime à regarder le monde qui m’entoure, le monde qui était et le monde qui sera. Tirer des pièces intemporelles du passé, et sans renier leur origine, les imaginer à travers le papier. Chaque objet de tissu que je créé a d’abord été conçu et structuré dans cette matière. A travers le pli, je donne une version plus ou moins abstraite de l’accessoire que je réinterprète. Je tire l’essence de l’objet, et en donne une évocation grâce à une combinaison de plis. Ils ont un usage structurant, mais aussi texturant et ornemental. En épurant à l’extrême la forme globale de l’accessoire, je peux réinterpréter ses détails en les complexifiant. Le tissu, ensuite, donne vie à l’objet grâce à sa souplesse et sa liberté. Il s’anime et se met en mouvement sur le corps de celui qui le porte.

Pour que la pièce finale ne soit pas dénaturée par la couture qui a tendance à assouplir les plis, à brouiller la structure, le plissage se doit dêtre la dernière étape du plissage et dintervenir en une fois sur lensemble de la pièce.

Cest pour cela que jeffectue toute (à quelques finitions près) la partie couture avant de passer au plissage et que mes moules sont taillés sur mesure pour chaque création. Ainsi, chaque pièce peut être positionnée de façon parfaite dans son moule et en sortir prête à lemploi.

Engagée dans une démarche éthique, et de valorisation de notre patrimoine, je travaille exclusivement avec des matières premières françaises, entièrement mises en forme dans mon atelier, à Angoulême. Le choix des tissus en particulier, revêt une grande importance puisque chacune de ses caractéristiques primaires va impacter l’objet final.

 

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